mardi 29 avril 2014

Le voyage de l'obélisque : Louxor / Paris (1829-1836)

Un grand merci au Musée de la Marine pour son invitation à une visite du Voyage de l'obélisque commentée par Marie-Pierre Demarcq, commissaire de l'exposition.

C'est une histoire à rebondissements multiples que celle de l'obélisque de Louxor (plus de 200 tonnes) depuis le don de Méhémet-Ali jusqu'à son érection sur la place de la Concorde. Tout d'abord, sachez que c'est Champollion qui a orienté le don. Le vice-roi d'Egypte voulait initialement offrir ceux d'Alexandrie, bien moins beaux. Sauf que Louxor, c'est un peu plus compliqué à rallier qu'Alexandrie...

A bord du bien nommé Luxor, un équipage s'embarque pour aller chercher l'encombrant cadeau en 1831. A. Lebas, qui dirige l'abattage et le halage de l'aiguille de pierre, a une mauvaise surprise en arrivant : l’obélisque est fissuré et ensablé. Il faut donc le faire basculer sans le casser. Une fois cette opération délicate menée à bien et l’obélisque arrimé, l'équipage se rend compte qu'il ne peut pas naviguer et qu'il doit attendre la crue du Nil. Qu'à cela ne tienne, voilà qui permet de faire un peu de tourisme, de zoologie et d'archéologie ! Enfin, pour ceux qui n'ont pas péri de la dysenterie ou du choléra qui sévissaient alors... Le second, Joannis, en profite pour dessiner l'Egypte. Quand on remonte enfin le Nil jusqu'à Alexandrie, il faut encore attendre quelques mois, afin d'éviter les tempêtes de la Méditerranée. 
Puis le Luxor est remorqué par le Sphinx, un navire à vapeur, jusqu'en France. Et figurez-vous qu'à Rouen, le navire doit aussi attendre une crue, celle de la Seine ! C'est une histoire à épisodes. 

Maquette de l'abattage de l'obélisque

Pendant ce temps, à Paris, tout le monde s'agite et propose d'installer l'obélisque dans son arrondissement. L'égyptomanie est à son comble dans la capitale. Imaginez le monument place de la Bastille ou au Louvre ! Mais Louis-Philippe tranche : il sera placé au centre de la place de la Concorde, histoire de laver le lieu des souvenirs de la Terreur. Ce placement signifie qu'on a déjà abandonné l'idée de ramener le deuxième obélisque de Louxor, qui avait été offert également.
Le 25 octobre 1936, ça y est, toute la machinerie est mise en place et plus de 200.000 parisiens (sur 910.000 au total) viennent admirer l'élévation de l'obélisque. En quelques heures, le monument est installé et acclamé par la foule. 
L'exposition se clôt par cette vision ainsi que par un détail des autres obélisques voyageurs, installés à Londres, New-York ou Rome.

Érection de l’Obélisque de Louxor, 25 octobre 1836, Cayrac, 1837, Musée national de la Marine

Cette exposition, peu étendue, présente cette aventure à travers des maquettes, des tableaux et des dessins. Guidé par des panneaux explicatifs clairs, des chronologies et des images de synthèse, le visiteur suit les moindres péripéties de l'obélisque. En outre, des témoignages enrichissent le propos dans l'application dédiée à l'exposition. Le voyage de l'obélisque permet de se replonger dans une époque qui n'avait pas peur des projets titanesques menés par des savants, des ingénieurs et des marins à l'esprit d'aventure !

8 commentaires:

  1. Quelle aventure ! Il doit y avoir eu des romans historiques écrits dans ce cadre, non ?

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    1. Oui, il existe Le grand voyage de l’obélisque de Robert Solé. On le trouve notamment à la boutique du musée.

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  2. J'ai appris beaucoup de choses en visitant cette expo que j'ai trouvé vraiment minutieuse et réussie ...

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    1. As-tu profité d'une visite guidée ou l'as-tu vue en visite libre ?

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  3. Cela a dû être un sacré voyage, en effet.

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